Pour une fabrication responsable

Même si votre bijou est durable, les matériaux qui le composent, notamment les métaux, ont été extraits des profondeurs de notre Terre et nous le savons bien, ce n’est pas sans conséquence. Et ce n’est pas très écolo… Face à une prise de conscience collective, certains professionnels du bijou se tournent vers des alternatives respectant l’homme et l’environnement. Et ce n’est pas une mauvaise chose.


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La réalité…

L’extraction des minéraux fait partie des activités les plus polluantes, en détruisant les écosystèmes locaux et en nuisant aux populations environnantes. Prenons l’exemple de l’extraction aurifère, produire 20 grammes d’or pur nécessite une consommation de 50 000 litres d’eau, 150 litres d’essence, 18 kg d’oxyde de soufre, émet 415 kg de CO2 et une vingtaine de tonnes de déchets miniers. C’est sans compter les extractions d’or sauvages qui utilisent mercure et cyanure… Une véritable catastrophe pour l’environnement.

Et rien de bon pour les droits de l’homme… Il existe 15 millions de mineurs dans une cinquantaine de pays dans le monde et plus d’un million d’entre eux sont payés moins d’un dollar par jour. À cela s’ajoute le travail forcé, les violences et les accidents causés par les mauvaises conditions de travail qui leurs sont imposées. Les droits de l’homme sont méprisés au profit de l’exploitation économique. Une autre catastrophe, cette fois-ci humanitaire…

L’extraction aurifère n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres. Et l’appât du gain mène certains dans des trafics servant à financer des guerres civiles meurtrières comme par exemple les « diamants de sang ».

Une bien triste réalité.


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Des alternatives responsables

Avec une demande mondiale en constante augmentation pour la production d’or – 2700 tonnes par an en 2012 et plus de 3000 tonnes pour l’année 2015 -, des alternatives s’imposent. Car l’extraction aurifère pollue l’environnement, ne respecte pas toujours les droits de l’homme et l’or s’épuise -nombreux prévoient l’épuisement des mines d’or à l’horizon de 2050-.

Les métaux précieux (or, platine et argent) sont recyclables à l’infini sans dégrader leur qualité. Des fonderies récupèrent l’or inutilisé (boutique d’achat d’or, « déchets » de fabrication, « déchets » d’atelier –poussières, filaments,…-, or industriel) afin de le recycler. Les dépenses énergétiques de l’extraction sont réduites et on ne puisse pas davantage dans les ressources de la Terre. Cette alternative est donc très valable face aux enjeux économiques et environnementaux. Mais à notre époque, l’utilisation des métaux précieux s’est diversifiée et complexifiée rendant collecte et purification impossible ou économiquement peu rentable. Présents dans la plupart de nos appareils électroniques en quantité infime, son recyclage devient complexe (onéreux et polluant) car ces métaux précieux sont mélangés à d’autres métaux. Et ces appareils électroniques (smartphones, ordinateurs, écrans TV ou encore pots catalytiques), produits en très grande quantité, ont un cycle de vie très court, leurs réparations sont très rares et leur remplacement fréquent. Autant dire, beaucoup de gaspillage… Une entreprise française, REMETOX, a déposé un brevet afin de développer dans les prochaines années une technologie capable de récupérer la plupart des métaux précieux contenus dans les composants électroniques et avec une méthode à faible impact écologique. Tout n’est pas perdu !

Autre alternative pour les métaux précieux, le label Fairmined. Ce label de certification a été créé par l’Alliance pour une Mine Responsable. Il atteste la provenance d’un métal produit par des mines artisanales et à petite échelle. Ce label répond aux principaux standards mondiaux en matière de pratiques responsables relatives au développement social et à la protection de l’environnement. L’or Fairmined a su trouver sa place dans la bijouterie de luxe et depuis 2014, constitue La palme d’or du Festival de Cannes.


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Une alternative végétale, le Capim Dourado ou or végétal. Cette herbe unique au monde, avec une fleur blanche à tige de couleur dorée métallique semble séduire pour remplacer l'or. Elle pousse dans une région du Brésil appelée Jalapao, dans l'état du Tocantins au cœur du Brésil. Lorsque les tiges de la plante arrivent à maturité et prennent leur couleur dorée, elles sont ramassées. La cueillette s’effectue uniquement entre septembre et novembre afin de protéger cette herbe. Les communautés vivant dans les villages à proximité ont l'art de tisser cette plante de façon traditionnelle. Une alternative innovante et surprenante.

Et une innovation, pour les pierres précieuses cette fois, le diamant de synthèse. Il présente la même structure et la même composition que le vrai diamant. Une machine reproduit le phénomène qui transforme le carbone en pierre précieuse. En seulement quelques semaines, un diamant de synthèse se forme -contre des millénaires pour un vrai diamant-. Ce processus est beaucoup plus rapide mais une très grosse consommation d’énergie est nécessaire pour cette production, les avis sont donc partagés sur son intérêt. Mais l’unique garantie (processus de Kimberley) proposée par les bijoutiers contre les “diamants de sang” n'est pas suffisante car elle omet les atteintes aux droits de l'Homme, les violences, la pauvreté et les dégradations de l'environnement liées à l'extraction des diamants.


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Il existe des alternatives respectueuses de l’environnement et des droits de l’homme et nous avons tous une responsabilité et un rôle à jouer face aux enjeux de l’activité minière. Ne fermons pas les yeux. Ces catastrophes peuvent être limitées et évitées. Alors agissons.

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